Archenterum “…ainsi fut Abîme”

Archenterum “…ainsi fut Abîme”

SOIL CHRONICLES (Fr.), Webzine, Octobre 2019 :
“Dieu est une sorte de rien abyssal, et pourtant la vérité ne s’abîme pas dans cet abîme, ni ne s’écroule dans ce précipice.” Vladimir Jankélévitch. Ce qui enrichit ma passion pour la musique metal réside dans les innombrables découvertes que l’on peut faire dans ce milieu, y compris pour des groupes qui ont déjà de la bouteille et qui aurait dû (question de faux fatalisme) faire le bonheur de ma discothèque personnelle depuis longtemps. Surtout dans le domaine du black metal où, plus de doute désormais, la scène française domine de plus en plus les débats et s’impose comme l’une des meilleures qui soient. Alors, vous allez me dire avec ce préambule, quel groupe vais-je vous faire découvrir, ou redécouvrir, qui mérite ce constat pragmatique ? Il s’agit ni plus ni moins du groupe Archenterum. Eh oui ! Certains d’entre vous crieront au scandale de ne pas connaître Archenterum, d’autres seront comme deux ronds de flan à implorer le pardon à genoux, en disant « désolééééééééééééé ». Mais oui, je ne connaissais pas le groupe qui vient d’Avignon (pas loin de mon pays d’Ardèche en plus…) et qui officie en terres conquises depuis 1997. Oui, vingt-deux ans d’existence vous avez bien lu. Un groupe qui pèse dans la balance des groupes cultes ? Probablement. Mais ce qu’il faut savoir, un peu pour ma défense, c’est que le groupe aura mis tout ce temps pour sortir son premier album. Avant ? Des démos au nombre de quatre, un single et un album live qui date de 2015. Étrange parcours pour un groupe à la longévité aussi importante. Jamais été sous l’étendard d’un label, le groupe pourrait se targuer d’avoir conservé son indépendance et nous offrir un versant plus underground. En tout cas, j’avais écouté le CD avant d’effectuer mes recherches, maintenant que j’ai pêché ces informations, je suis d’autant plus impatient de vous parler de ce premier album donc ! Il revêt une importance plus capitale désormais. PS : je ne sais pas si le nom du groupe est lié directement à l’archentéron, qui est en fait l’intestin du fœtus qui communique à l’extérieur grâce au blatosphore, mais si c’est le cas, c’est un peu bizarre… Commençons par décrypter l’artwork de l’album qui, d’entrée de jeu, m’intrigue. C’est quand-même assez rare d’avoir un motif blanc avec quelques apports gris et noir, surtout pour le style de métal que j’imaginais. En tout cas, on devine que tout a été dessiné à la main hormis le logo du groupe avec le fil barbelé en bas. Beaucoup de références à la mort évidemment, avec des cadavres qui jonchent le sol, des squelettes, des corbeaux charognards qui se hissent sur des arbres morts ou volent au-dessus, et surtout un gibet de potence un peu en retrait. Je ne peux m’empêcher de penser que le titre de l’album « …Ainsi fut Abîme » est directement lié à l’artwork car ce paysage de désolation extrême pourrait être une représentation intéressante de l’abîme. D’autant que les deux routes qui se croisent semblent soit rejoindre un point de non-retour, soit proposer deux directions différentes pour quitter cet abîme. Bon, en tout cas, l’artwork est bien sympa. J’aime bien ce fond blanc qui claque un peu aux yeux et ces gravures noires et grises sont du plus bel effet. C’est très bien dessiné, franchement j’aime beaucoup ! Ce n’est sûrement pas pour rien que le mot « Abîme » est écrit en majuscule : je pense que le groupe a voulu personnifier une forme de violence ou de noirceur par ce prénom intriguant. J’espère que le contenu musical sera à la hauteur de ce sentiment extatique à l’égard du design. Good job les gars ! Avant d’attaquer le contenu musical justement, j’aimerais faire un petit aparté : quand j’ai étudié l’artwork, j’étais persuadé que j’aurais affaire à du black metal à l’ancienne, bien sale, enregistré dans les tréfonds d’une cave, peut-être sous un pont ou en dessous de la cité des papes ! Vous voyez le truc arriver ? Vous avez raison ! Je me suis retrouvé complètement pris de court dès le premier morceau. Car en fin de compte, si black il y a assurément, il est fortement (voir très fortement) teinté de death metal. Et ce n’est pas rien du tout quand on part avec cette certitude d’avoir du bon black old school et de se retrouver avec ce mélange. Donc, Archenterum propose un album black old school mais auquel on peut rajouter du death. Du black death old school, et surtout très bien exécuté ! Un autre point qui m’a surpris mais encore une fois dans un sens délectable : la durée des morceaux. N’excédant que rarement les quatre minutes, et les titres étant au nombre de dix, cela donne un album qui s’écoute facilement d’une traite. Cela fait plaisir d’avoir un groupe qui propose des chansons d’une longueur raisonnable pour que l’on puisse, le temps d’un trajet en voiture, ou simplement chez soi, en apprécier la beauté et la force. Le tout premier morceau dure par exemple deux minutes trente environ, les autres sont plus sur une moyenne de trois minutes trente. Donc, un autre bon point que je tiens à souligner : l’album s’écoute très facilement. La musique que nous propose Archenterum est à cheval entre la puissance de Marduk et la qualité technique de Triptykon, le son death metal en plus. Oui je sais, ça fait un peu large comme équilibre à trouver. Mais pour plusieurs raisons, j’ai reconnu des accointances directes avec ces deux groupes : d’abord dans les riffs, et cet élément-là est l’un des points les plus positifs de l’album ! Les riffs sont excellents. Accrocheurs, tantôt violents, tantôt un peu « épiques », mélancoliques aussi. On passe par toutes les phases possibles, et c’est ce qui rend ce CD richissime ! Le deuxième morceau « No Light » a une dimension solennelle et dramatique qui donne des frissons. Ou a contrario, « Vortex of Death » a une violence incroyable qui transpire par tous les pores de la Mort. Le seul morceau que je ne trouve pas très représentatif de l’album est finalement le tout premier. Trop court sûrement, trop violent peut-être, mais clairement pas à sa place. Pour une introduction d’album je ne le perçois pas dans ce rôle mais plus comme un interlude. Mais l’ensemble des riffs qui composent les morceaux de l’album sont a minima très bons, a maxima géniaux. J’adore, d’autant plus qu’il y a de légères incorporations de claviers en nappes de fond ou en mélodies qui rajoutent encore plus de puissance épique. Cette richesse de composition me fait plaisir et me procure beaucoup d’émotions. Le mastering aussi donne cette impression d’avoir un son death metal avec des forts accents black (ou l’inverse, c’est assez trompeur comme rendu final). Je pense qu’on est sur du mastering un peu « maison », mais qui n’est pas dénué de charme du tout. Certains auditeurs diront qu’il y a bien mieux à faire, et que le groupe a encore du boulot là-dessus. D’ordinaire, j’avoue être de ce bord-là d’ailleurs. Néanmoins, je n’ai pas trouvé cela très choquant, comme si ce mixage était volontaire ou avait été trouvé dans ce but bien précis de coller avec l’atmosphère des morceaux. En tout cas, j’ai beaucoup apprécié aussi le son de l’album, qui s’écoute tout aussi bien au casque, en voiture ou sur une bonne chaine hi-fi. Encore une bonne surprise ! Le chant est tout aussi surprenant, puisqu’il est à dominante death metal aussi mais avec cette teinture un peu à la Tom Warrior qui ne me laisse pas indifférent étant donné que j’adore ce mec. Avec parfois quelques modifications black metal certes, mais ce goût pour le growl me confirme bien que j’ai affaire à un album de death black. J’ai vraiment l’impression de me répéter, et je m’en excuse. Mais cette description rébarbative est due à mon sentiment authentique de surprise qui va m’animer tout au long de l’écoute ! Et le chant n’y déroge pas : je m’attendais à autre chose, de plus bestial ou plus terrifiant ! Comme si c’était le vent de cette fameuse vallée de la désolation sur la pochette qui soufflait un chant glacial ! Mais là, pas du tout. On est plutôt sur des relents profonds, bien haineux, mais pas froids. Plus violents en fin de compte. Et si Archenterum proposait un CD non pas de noirceur comme je le pensais, mais de violence ? De brutalité ? C’est cette question qui va me servir de conclusion car je vais essayer non pas d’avoir des certitudes absolues sur …Ainsi fut Abîme, mais bien une proposition de réponse. Oui, ce premier album d’Archenterum est bien un concentré de violence et de dramaturgie. Comme un champ de bataille du point de vue du seul survivant. Et ma grosse erreur, non rédhibitoire fort heureusement, fut de partir avec des idées reçues. Mais mon constat final est que, peu importe mon ressenti et mes théories ! C’est un très bon album, qui aura mis vingt-deux ans à venir au monde (gestation longue durée bonjour !) mais qui fait une entrée remarquable ! Remarquée, pas suffisamment à mon goût. Cet album mériterait une plus grande vitrine à la hauteur du travail et de la maturité qui ont été mis dedans, et j’espère que j’y contribuerai de façon prépondérante. En tout cas, c’est une très belle découverte pour moi, je ne me lasse pas de l’écouter et j’espère que vous, qui lisez cette chronique, serez convaincus de l’acquérir ! Et je vous salue bien haut, mes voisins vauclusiens !
8/10 – Quantum

METALUNDERGROUND (At.), Webzine, September 2019 :
Die französischen Black Metaller aus Avignon, ARCHENTERUM, wissen um die Extreme im Schwarzwurzel Sound. Seit 1997 sind sie eine sehr langanhaltend agierende Truppe, wenngleich es die Franzosen bis jetzt noch niemals gewagt haben einen Longplayer rauszuwerfen. Mit „ainsi fut Abime“ wurde der Startschuss gelegt. Der Titel, was so viel wie, „also wurde es beschädigt“ heißt, klingt nicht nach diesem. Gott sei Dank, in der Divergenz wissen die Jungs wie man ungehobelten Black Metal produziert. Könnte nun heißen, die Jungs wissen nicht recht was sie wollen. Davon würde ich abraten einen Gedanken zu verschwenden, erfahrungsgemäß haben sich die französischen Blackies ein breites Spektrum zu Eigen gemacht. Die Fusion ist grundlegen rau ausgefallen und die Ablöse sind etliche leicht melodische Ausleger. Das Grundkonzept ist dennoch von brachial-extremem Kopf absäbelnden Soundstrukturen geprägt. Die fassenden, komplexen Strukturen wurden mit willkommen Ausreißern versehen, die steigert das Interesse an dem Machwerk. Die dunkelschwarze, auffällige Poesie steht im Gegensatz zu etlichen Einflüssen aus dem Old School Death Metal Genre, mit denen die Jungs oftmals hinterlistig hervorstechen. Das infernale Blutbad wird einigermaßen gemindert, denn die Drums kommen leider vom Computer und das mindert etwas das Soundkonzept. Es bestätigt sich, eine Metalband, egal welcher Stilrichtung zugehörig braucht einen Schlagwerker. Dieser kann ausnahmslos für mehr Druck sorgen! Fazit: Die französischen Blackies verstehen es wie Abwechslung im Extreme-Black Metal schallen muss. Einzig der Drumcomputer stört am vollendenden Genuss!
3,5/5

NAWAKULTURE (Fr.), Webzine, 6 Septembre 2019 :
On était resté longtemps sans nouvelles d’ARCHENTERUM, la sortie de ce premier album (après plus de vingt ans d’activité !) sonne donc comme une surprise. Le groupe avignonnais n’a pas laissé tombé entre-temps un death metal aux structures complexes et d’une sombreur bienvenue dans un genre qui n’a plus souvent que le nom du metal de la Mort. Ici on navigue vraiment dans une ambiance morbide et guerrière, bien que la poésie et la littérature (William Blake et Lovecraft sont de la partie, mais aussi Franck Thilliez) ne soient pas exemptes de ce carnage que l’on trouve d’emblée largement supérieur au reste de la discographie. ARCHENTERUM certes persiste à utiliser une boîte à rythme (nous avons systématiquement une crise d’allergie juste à la mentionner), il n’en reste pas moins des plus convaincant quand il s’agit d’instaurer une ambiance, de narrer une histoire et de déchaîner les enfers quand le tempo se fait mitraillette et qu’une facette plus black metal vient montrer ses cornes. Cette basse monumentale est particulièrement un putain de plaisir d’écoute, la production en général est d’ailleurs tout à fait adéquate pour un disque de la sorte et c’est une vraie réussite pour qui apprécie son metal fouillé et inspiré, voire bien plus intelligent que la moyenne. Donnez donc une chance à ce disque qui la mérite amplement. A priori, seules 200 copies ont été pressées, à votre tour de l’être donc, pressé, car il n’y en aura heavy-demment pas pour tout le monde.
4/5 – Guillaume Ged Dumazer

STRANGER AEONS (NL.), Webzine September 6th 2019 :
And maybe this switch is slightly too absurd, but I jump into the technical sound of Archenterum. A black metal act from Avignon. Or death metal. You can pick which you find most fitting, but I hear the cold industrial sounds of Woest in this band. Yet, Archeterum likes to stick to a steady pace, a bone dry rhythm without much deviation and fierce intensity that never really relents. There’s, at times, a little ritualistic aspect to the thundering riffage, which I do enjoy. For example, ‘No Light’. A catchy song in my book. What this record does most of the time though is blast you with repetition. It overwhelmingly drags you along in its surging sound full of foreboding tones. Noteworthy in that, and its somber melodies is ‘Vortex of Death’, which is a high-paced slide into the abyss, where disparaging synth sounds bewilder the listener even further. Archeterum is an entity of its own, creating a claustrophobic unnerving sound. It’s highly recommended.
Guido

HARD FORCE (Fr.), rubrique Labels et les bêtes #25, 7 Août 2019 :
Les vauclusiens d’ARCHENTERUM n’en sont pas à leur coup d’essai puisqu’ils ont déjà 4 démos, 1 split, 1 EP et 1 album live à leur actif. “…Ainsi Fut Abîme” marque cependant un tournant dans leur carrière ; en effet, il s’agit de leur premier album et de plus, signé sur le label Facthedral’s Hall. ARCHENTERUM évolue dans un blackened death varié, carré, sombre voire occulte. Chaque morceau propose une intensité particulière, des passages les plus blastés aux atmosphères les plus lourdes. Les growls, qu’ils soient en français ou en anglais sont d’une puissance incroyable. Et ce qui fait l’une des particularités ou groupe, c’est la batterie électronique qui ne laisse aucune place à l’approximation. Ça tombe bien : les 10 morceaux de cet album sont le reflet de la personnalité tranchée de chacun des membres d’ARCHENTERUM. Et ce qui ne gâche rien, en plus d’être un très bon groupe sur album, le trio possède un visuel très fort, ce qui en fait d’excellents showmen. A découvrir de toute urgence ! (Aude)

FLIGHT OF PEGASUS (Gr.) Radio show & webzine, July 2019 :
Μετά από δεκαοκτώ χρόνια δράσης και πολλά demo, οι τρεις μουσικοί από την Αβινιόν παρουσιάζουν το πρώτο τους άλμπουμ και δεν υπάρχει λόγος να τους κατηγορήσετε ως αναβλητικούς. Παράγουν ένα είδος death με black εξάρσεις, στιχουργούν στην αγγλική, απηχούν πολλές παλιότερες απόψεις της υπόγειας σκηνής. Θα έλεγε κανείς ότι ηθελημένα αφήνουν κάποια πράγματα σε μία πρωτόλεια μορφή, ενώ θα μπορούσαν να κερδίσουν πόντους από μια περεταίρω κατεργασία. Με χαρακτηριστική την πειθαρχία κάθε κακόβουλου, με την παραστατικότητα κάθε κρυφής δράσης, μπορεί να τους αναγνωριστεί ένα προσωπικό ύφος, πράγμα σαφώς ενδιαφέρον. Συντονισμένοι στις προθέσεις τους, δεν τους λείπουν οι ιδέες, το υλικό τους κρίνεται θετικά, γιατί ηχεί αντιπροσωπευτικό αυτών. Αν κινείστε στους ανάλογους χώρους, θα εκτιμήστε την αυτόνομη κίνηση των συγκεκριμένων γάλλων κυρίων, τη συνέπεια προς τα παλιά ατμοσφαιρικά κριτήριά τους, την εύστοχη και παράτολμη άρνησή τους να διεκδικήσουν τις εντυπώσεις, επιμένοντας στην ουσία των πραγμάτων.

LE SCRIBE DU ROCK (Fr.) Webzine, “Les Crocs du Scribe N°21”, 10 Mai 2019 :
Les Avignonnais d’Archenterum nous font ici l’offrande de leur premier album, sur l’excellent label Facthedral’s Hall, dont vous avez déjà entendu parler si vous êtes familiers de mon blog. Au menu, un Death Metal très lourd et occulte, à la fois puissant et mélodique, renforcé et noirci par une influence Black Metal très présente. Le groupe est doté d’une forte personnalité, ce qui fait tout le sel de cet album. Ainsi d’un titre comme “No Light”, qui n’aurait pas dépareillé dans la discographie de Celtic Frost, avec son côté baroque et Post-Punk. Tout au long des dix titres de l’album on va ainsi voyager entre Death rapide et puissant (“point of no return”) et titres d’une grande originalité, à la limite de l’inclassable (le black/doom de “fury of gods”, constellé de passages death poisseux ; le très dissonant “Vortex of Death” qui nous plonge dans une atmosphère oppressante ; “The Outsider”, digne du Morbid Angel le plus expérimental, avec ces sonorités industrielles et caverneuses). Pour peu que l’on soit suffisamment ouvert et curieux, on va découvrir de nombreuses choses au fil des écoutes de ce disque, comme des influences industrielles et électroniques, ou même rock, qui témoignent d’une vraie culture musicale, et donnent à Archenterum ce petit plus qui fait les grands : une âme ! Un groupe a suivre de trés prés, et un album à acquérir tout de suite en version CD, car l’objet est fort beau, mais en plus le mix de Skrow est absolument splendide !
9/10 – Pierre Avril

METALLIAN (Fr.), Magazine #113, Mai 2019.
C’est avec des riffs lourds et d’une grande puissance que s’ouvre ce premier album studio d’Archenterum. Dans la lignée d’un Zyklon ou d’un Morbid Angel des grands jours, le groupe sait se la jouer plus épique au travers de passages inspirés par Emperor. Archenterum sait faire parler sa gtrande expérience, pour un résultat d’une efficacité redoutable où la batterie programmée rajoute une froideur martiale bienvenue.
4,5/5 – Laurent Lignon