Aryos “Les Stigmates d’Hécate”

Aryos “Les Stigmates d’Hécate”


THRASHOCORE (Fr.), webzine, 16 Mai 2015 :
Tiens, tu es là toi ? Tu as cliqué sur la chro d’ARYOS alors que tu n’en as jamais entendu parler !? Mais qu’est-ce que tu fais ici ? Qu’est-ce qui a bien pu te faire croire que tu allais trouver quelque chose d’intéressant chez ce groupe ? C’est la pochette qui t’a interpellé ? Elle est laide, hein… Mais elle t’attire quand même. Et bien tu sais quoi ? On va dire la même chose pour la musique de ce nouvel album : « c’est laid, mais c’est attirant ! ». Un peu comme quand tu as du mal à t’empêcher de coller tes chaussettes sales à ton nez pour t’assurer de leur puanteur pourtant certaines de loin déjà. Ah si, ARYOS c’est un peu ça quand même. Et c’est fait exprès d’ailleurs. C’est déjà le coup qu’il nous avait joué à ses débuts et surtout en 2004 avec son album Maître des dominations cérébrales. Un chef d’œuvre pour celui qui aime la musique non formatée. C’était un culte à la crasse célébré dans une église dévergondée. Et c’était tout aussi jouissif qu’un DEVILISH ERA. Mais ARYOS aime aussi brouiller les pistes et ne veut surtout pas se répéter, aussi quatre ans plus tard proposait-il un split partagé avec REGNANT AND THRALL à l’approche très différente. Dédiés à Lilith von Sirius, les deux morceaux étaient plus légers, plus propres, plus poétiques… beaux. Mais cela n’était qu’une parenthèse car le ARYOS incontrôlable est de retour, mais pas sur la même route, mais avec la même folie. La première minute fait ainsi très peur puisqu’elle nous fait croire que le groupe a tourné indus. Une minute qui nous donne des sueurs froides de peur de se retrouver avec un nouveau naufrage à la PRAEDA ou AD INFERNA. Mais très vite la crasse revient, le black metal dégoulinant réapparaît, mais en fait il suffit juste de frotter légèrement pour se rendre compte que sous les tâches se cachent de bien belles choses ! Cette fois-ci on découvre de nombreuses mélodies catchy, souvent inspirées du thrash ou du heavy. On garde alors vite en mémoire les riffs de « Arde Quariani Ecclesiam », morceau d’ouverture merveilleusement coupé par des vocaux féminins avant que les guitares thrash reviennent et que l’indus close l’ensemble. On aura ensuite tout autant de sympathie pour les riffs qui débutent le faussement nonchalant « Gromotivi znaci », puis pour le coup d’accélérateur et le retour de la demoiselle chanteuse sur « Les Stigmates d’Hécate », pour les soli déchirants à la fin de « Chthonienne totem », pour le délire cosmique à la BLESSED IN SIN sur la deuxième partie des « Six profanes ». Ces quelques exemples suffisent pour faire comprendre que les sept morceaux de l’opus sont particulièrement variés. Les idées sont là, le plaisir aussi. C’est raw et difficile d’accès d’apparence mais également mélodique, naviguant entre black, thrash et heavy… Mais s’il y a bien un reproche qui sera sûrement formulé par une grosse majorité d’entre vous, il concerne les vocaux, qui ont pourtant l’avantage de hurler en français. Très nasillards, très marqués, ils risquent de vous faire fuir. Ils font pourtant bel et bien partie de la personnalité du groupe, et un autre timbre aurait alors changé toute le personnalité du groupe. Par contre, la durée de l’album me pose un petit problème… 34 minutes, c’est trop court ! Surtout quand on ne sait pas combien de temps il faudra encore attendre pour une suite…
8/10 – Sakrifiss


POSTCHRIST (Fr.), webzine, 21 Mai 2015 :
Onze années se sont écoulées depuis le premier office longue durée des occultistes limousins, une décennie et des poussières qui n’ont fait qu’aiguiser l’appétit de la Bête ophidienne. Ornés d’œuvres graphiques du décidément très prolifique et talentueux Maxime Taccardi, Seth chapitres qu’on imagine volontiers composés à la seule lueur de bougies rituelles constituent l’ouvrage interdit, tout en riffs hypnotiques ronronnants, sous le feu lingual des litanies de l’Empereur Napharion, le tout ponctué, au premier et dernier chapitre, de touches électroniques du meilleur effet. Sculpté dans des mid-tempos suffoquants, aidés par une production compacte et terreuse aux basses riches, aéré seulement par quelques accélérations extatiques, Les Stigmates d’Hécate, dépouillé des excentricités clavieristiques d’Aliltéas Gornnec et donc des longs intermèdes qui leur étaient dédiés, prend la forme d’un bloc métallique solide en comparaison des précédents travaux d’ARYOS, permettant ainsi de se focaliser sur les riffs et structures rythmiques déroutantes du groupe. Certains passages rappellent d’ailleurs avec bonheur les deux premiers brûlots de SAMAEL dans leur superbe lourdeur et leur odeur persistante de soufre ! Les coutumières invocations de naïades plus que probablement fort court vêtues font évidemment leur apparition, aux côtés de soli et de leads orientalisant, comme un charmeur de serpent ayant troqué sa flûte pour une guitare électrique. Des adjonctions stéroïdées de Death Metal vieille école pointent leur nez angulaire dans l’hymne éponyme et “Ra-Hoor-Khuit (Litanie)” pour alourdir encore l’ensemble, que l’introduction pensive de “Silicate Aluminium, Beryllium Chrome” vient éclaircir comme un dernier rayon de soleil s’éclipsant enfin derrière les pyramides de Gizeh. “Les Six Profanes”, accrocheur en diable, vient enfoncer le clou avec son énergie Rock vicieuse et communicative, qui fait penser (involontairement sans le moindre doute) à certaines récentes propositions d’un PESTE NOIRE. En conclusion, Les Stigmates d’Hécate est un fameux tour de force que beaucoup de nos lecteurs les plus élitistes gagneraient à laisser polluer leurs canaux auditifs, les genoux enfouis dans le sable brûlant sous le regard noble et impénétrable de Melek-Taus…
5/6 – W.Whateley


LA HORDE NOIRE  (Fr.) webzine :
Il ne faut jamais juger un album sur la foi d’un visuel à priori peu engageant car grand est alors le risque de passer à côté de quelque chose de grand. Tel est ainsi le cas ces Stigmates d’Hécate dont l’écrin visuel ne doit absolument pas vous faire fuir. Ceux qui se souviennent, entre autres, de Maître des cérémonies cérébrales, offrande gravée il y a douze ans déjà, et auxquels cette modeste chronique s’adresse en premier lieu, savent de toute façon qu’Aryos, son géniteur, n’est pas tout à fait une entité comme les autres, laquelle mérite en cela qu’on s’arrête, plus que le temps d’une écoute distraite, dans sa caverneuse intimité. Car l’art noir que sculptent les Français à la lueur d’un pale éclairage ne s’offre pas dès la première caresse, ce qui explique peut-être pourquoi on lui prête cette maladroite étiquette d’avant-garde black metal, qui a au moins le mérite de souligner l’originalité sinon la singularité d’une musique qui grouille de kystes étranges. De patients préliminaires se révèlent nécessaires pour en goûter, en savourer le fruit, niché au plus profond d’une antre ténébreuse, suintant une trouble moiteur. Les stigmates d’Hécate écarte les cuisses, nimbées de curieuses effluves électroniques puis Arede Quariani Eccliasiamo sort brusquement les griffes, ouvrant alors les vannes d’une engeance noire (faussement) classique. Les changements de positions, des guitares vicieuses et les parcimonieuses mélopées d’une prêtresse au charme qu’on devine vénéneux, entraînent ensuite cette ouverture de Charybde en Scylla dans des contrées obscures. Riches de leurs nuances, les six chapitres qui suivent, baignent tous dans des relents d’interdit, ils exsudent une licence aussi tranchante qu’envoûtante. Une sensualité malsaine ourle des structures alambiquées, créant une oeuvre ambivalente, atmosphérique et évolutive tout ensemble. Labyrinthique, ce menu louvoie à travers un décor dépravé, que bordent des portes derrière lesquelles se cachent d’inavouées promesses. Silicate Aluminium Beryllium Chrome et ses courbes tordues, Ra-Hoor – Khuit (Litanie), saillie véloce emportée par un torrent menstruel, ou Chthonienne Totem, que cisaillent des riffs sournois aux allures de scalpel rouillé labourant dans la chair des stigmates, dressent un tableau versatile qu’achève en (sombre) beauté Les six profanes, apogée en forme d’orgasme lugubre teinté d’une electro mortuaire. Gemme d’une noire sensualité , écrin d’un black perverti, Les stigmates d’Hécate fait partie de ces oeuvres qui se dévoilent par petites touches, avec au bout, comme récompense, l’extase divine. Il est aussi de ces albums dont la confidentialité n’a d’égale que la réussite.
Childeric Thor – 7.5/10


L’ANTRE DES DAMNÉS (Fr.), fanzine #22 :
Ma toute première « aventure auditive » en compagnie d’Aryos, ce pur ovni musical en provenance de notre chère France, prit forme avec ce splendide EP qu’est Prophétie Acide, dont le morceau éponyme, surtout, m’avait littéralement scotché à l’époque (il y a maintenant près de quatre années)… Honte à moi de n’avoir daigné jeter une oreille à ce projet avant-gardiste auparavant, surtout lorsque l’on sait que la bande à Napharion inonde régulièrement la scène de ses productions, toutes plus éclectiques les unes que les autres, et ce, depuis maintenant plus de deux décennies… Quoique cette fois, on peut dire qu’il se sera fait attendre ce deuxième album longue durée – son prédécesseur ayant vu le jour courant 2004 (il y a une éternité, pour ainsi dire). Je disais « avant-gardiste », car en effet, pour situer les choses et présenter ce combo à ceux pour qui il n’évoquerait pas grand-chose, le terme convient parfaitement – Aryos évoluant dans une espèce d’imbroglio de métal extrême, avec malgré tout une identité forte et toujours perceptible. Ainsi, Arde Quariani Ecclesiam, le morceau d’ouverture de ces fameux Stigmates d’Hécate, plonge d’emblée l’auditeur non averti dans une ambiance électro (qui moi, m’a beaucoup plu) – sorte d’ailleurs de fil conducteur de ce prologue – pendant plus d’une minute, avant que ne retentissent les premières rythmiques folles (proprement schizophréniques, serait-je tenté de dire) d’un album qui leur fera la part belle. C’est également à ce moment-là que se fait entendre pour la première fois le chant hystérique et ultra criard de Napharion (probablement l’aspect que j’aurai eu le plus de mal à digérer dans l’art des Limousins), qui participe pour beaucoup, lui aussi, à la singularité d’Aryos. Ce titre arrivera finalement à son terme, ponctué par l’intervention de la douce et sensuelle voix de Mysterious Artemisia qui contribue au rétablissement de l’équilibre des pôles masculin/féminin, cher à la pratique magique… Je pourrais m’évertuer à passer en revue chacun des morceaux constituant Les Stigmates d’Hécate, car tous recèlent de qualités qui leur sont propres, mais ce type de démarche, stérile au final, n’apporte pas grand-chose (en plus de cela, la tâche se révèlerait ardue, tout étant singulier et original ici) ; d’autant que chaque pièce joue un rôle bien précis, celui d’une clé qui, présentée dans la serrure adéquate, permettra à son détenteur de sonder les mystères ésotériques contenus dans ce qui représente, pour moi, bien davantage qu’une simple œuvre musicale. Sachez cependant qu’Aryos prend un malin plaisir à brouiller les pistes, entre des influences tantôt purement black, tantôt orientées death (cf. les riffs au début de Ra-Hoor-Khuit (Litanie) par exemple) ou même des sonorités franchement plus modernes, et ne suit finalement que son instinct, ayant pris le parti de se moquer des modes et tendances. Comme Napharion se plait à qualifier son art, disons peut-être qu’Aryos est tout simplement devenu un groupe de rock occulte. Mais peu importe l’étiquette au final, le fait est que le groupe a réussi à concocter un album certes déstabilisant à la première écoute, mais qui prend, au fur et à mesure du temps, toute son ampleur. Et si, à titre personnel, je ne suis d’ordinaire pas spécialement client de ce type de musique, je dois dire que je me suis laissé embarqué sans résistance dans ce voyage initiatique…
Edler Rabe


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