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Phil Von “Blind Ballet”


ANT-ZEN (Ger.) Label’s note, 2015 :
A blind man feels his way, guided only by the sensations of sounds around him, walking through composite landscapes, sometimes concrete or musical, sometimes unreal, fictitious or synthetic, mutating constantly but layering like brushstrokes of sonic paint along his hesitant steps. From dusk to dawn, he wanders on a path sprinkled with touches of natural elements; water, air, earth, fire, glass, with the perceptions of humans; murmurs, breaths, crackles, snatches of voices, with manifestations of sudden granular waves or aural perfumes from unknown distant lands. Here he perceives presences, there he guesses mysteries. Maybe a bigger story is somehow slowly unfolding before his stimulated ears. With this solo album, sprawling somewhere in between melodious electronica, lush ambient, musique concrète, and abstract experimental sounds, phil von took a break off von magnet‘s shores. now he confides within us these intimate imaginary ballets, inviting us to contemplate his invisible trances, some of which he composed for dance, street theatre and performance. Twelve individual parts created for different occasions have been carefully concerted for this exceptional artist’s first solo release since years. A captivating acoustic puzzle suitable to open up the listener’s imaginary eyes. You are asked for a dance – please accept the invitation.


[OBSKüRE] MAGAZINE (Fr.), 2 Mai 2015 :
Phil Von vient de sortir chez Ant Zen un album en solo. Celui-ci a donné lieu dans notre numéro 24 à une interview avec Mäx qui souligne l’importance des field recordings dans cette série de travaux. Habité par les travaux de Von Magnet et des projets annexes – comme par exemple le disque réalisé en compagnie des Musiciens Gnawas de Fès – je ne résiste pas à l’envie de poser à mon tour des mots sur ce disque.C’est la première fois que Phil Von propose un travail aussi épuré. L’album est une sélection de titres et de bande-sons composées pour des performances, associés à d’autres pistes plus personnelles. On y sent comme un tournant. Les derniers Von Magnet exploraient des compositions amples, structurées, déjà à l’écart des samples et dynamiques électroniques qui dominaient jusqu’alors. Le rythme se faisait moins prégnant, mais il ponctuait encore Ni Prédateur ni Proie (2008) et Archipielagos (2012). La sensation qui domine ce Blind Ballet est liée à l’utilisation du silence. Jamais total, il acquiert une densité rare. Il produit du suggestif, comme sur l’inaugural « Entre Chien et Loup ? ». Le choix de cette ouverture est intéressant car elle oblige à écouter. On ne bascule pas dans le cinématographique ou la tentation de visualiser ce qu’ont pu être les spectacles sur ces thèmes (en vrac : Bouche Cousue, Collectif Be, DO-Theatre, Entre Terre & Ciel, Juan Pablo Lastras, Sakurako & Re-United Now-Here, Underclouds). Phil Von. a sélectionné des pièces qui fonctionnent indépendamment de la scène. Ainsi « Lost Ballet » et ses bruits de jardin d’enfants sert habilement de transition à « Blind Crystals » qui s’articule sur les souffles humains. Il y a chez Phil Von. une volonté de se rapprocher de ce qui animait les créateurs de l’Arte Povera : partir d’éléments bruts et les agencer pour faire émerger une poésie. Cela demande un échange avec l’auditeur. Au-delà de l’ambiance, du décor, quelque chose d’autre arrive : il y a une beauté dans l’humain, une harmonie entre l’espace et la manière dont nous l’habitons ; par notre présence, il prend véritablement sa plein dimension. La musique est discrète, c’est elle l’accompagnement tandis que les voix se font caresses en arrière-plan (« Bleeding Caress ») et le recueillement prime. Il ne faut pas attendre de compositions strictement musicales, on reste dans le contemplatif, à la façon dont Lisa Gerrard a su dernièrement élaborer ses partitions. « Taire » flirte avec le drone, un son d’abord tenu en sourdine, puis la superposition d’un deuxième, quelques cloches en harmonie avant une montée de nappes démultipliées. Là encore les voix ne sont qu’un habillage léger, un voile quasi transparent. De par le nom utilisé, de par la photo de cet œil qui se force à rester fermé, l’album joue symboliquement de la transition. Plusieurs titres miment cet état, cet entre-deux, reléguant les glissades flamenco à n’être plus des échos assourdis, des clins d’œil. « Feu » ne conserve que le cœur du flamenco, avant de basculer dans une rage festive où les craquements du feu évoquent des coulées d’eau. Et, même lorsque la voix féminine se fait narrative (« Chip Chop »), la musique privilégie l’observation à la description, soupirant dub et ambiant. L’album, reposant, aveugle comme un regard lancé au soleil peut éblouir, fige des instants. C’est une pause discographique, un travail de textures et de dimensionnement musical (Norscq est encore de la partie). Phil Von. adresse aux auditeurs de Von Magnet une carte sonore audacieuse. Après le double DVD rétrospectif de 2014 (Performances 1985-2013), il en est là, il compose aussi ces pièces. Pourra-t-il les intégrer à Von Magnet, bien plus démonstratif ? En a-t-il l’envie ? Quelles que soient les réponses, la maîtrise montrée ici habitera la suite des ses voyages musicaux.
80% – Sylvaïn Nicolino


SIDE-LINE (Be.) Webzine, June 23 2015 :
Phil Von (the famous front man of Von Magnet) also likes from time to time to release a more intimate solo-work, which creates some distance from the familiar and successful Von Magnet. Behind “Blind Ballet” hides an interesting conceptual idea about a blind man and the interaction of sounds/noises around him. We’re entering a strange and often mysterious sound universe, which remains pretty quiet, but a little less paranoiac. If you try to switch off your sight while hearing the minimal and somewhat abstract arrangements of this work you rapidly feel some anguishing vibes. From the mysterious guitar parts on “Bleeding Caress” to the deep vibrating bass blasts, joined by spooky whispering vocals on “Chip Chop” to the somewhat ritual and sacred-like passages of “Taire,” to the industrial and haunting sonic corridors of “2 Lovers For 1 String,” to the field recordings running through “Feu,” and “Without Wings” you experience the bizarre creation of this “Blind Ballet.” It clearly appears to be a minimal, and total ambient experience, which will absolutely leave an impression on you. It’s not the most accessible work of this genius artist although it is an interesting and diversified experimental exposure and the imaginary union between human senses and noises. Speaking for myself I prefer the tracks driven by a low cadence and reinforced by intriguing atmospheres, but I’ve to admit that the experimental parts of the work titillated the imagination. In the end I would say that “Blind Ballet” is a rather eclectic work, which cannot be totally considered in only one particular genre. Conclusion: “Blind Ballet” is an interesting concept, on which the mental picture provoked by simply the strength of sounds will lead you to experience a totally imaginary story.
7/10 – Inferno Sound Diaries


FEARDROP (Fr.) Magazine, 24 Mai 2015 :
Il y a quelque chose d’éminemment paradoxal et aussi de magnifiquement tragique dans un titre tel que Blind Ballet. Ce titre, celui du deuxième album véritablement solo de Phil Von, ce titre exprime toute la tristesse du flamenco, style dont on sait l’empreinte qu’il a laissée sur la musique de son groupe Von Magnet, dans lequel il chante. Mais s’isoler de Von Magnet c’est à vrai dire s’isoler aussi de ce qui en modèle les formes régulières. Et c’est même, dans le cas présent, s’exprimer sans le chant. Alors, repartons du premier indice, de l’instant paradoxal capté, de la frontière mal éclairée qui scinde les choses. Chaque titre, avant même que la musique en soit entendue, semble s’insérer en ce même lieu d’aberration, de mise en danger, un espace où le dernier pas a été franchi dans l’espace tranquille avant que l’inconnu s’offre à la découverte nocturne : chien et loup ?, bleeding caress, wire dancer, without wings… Les musiques nimbées de Phil Von vont alors organiser ces hypothétiques zones de passage entre les contraires. D’un homme aveugle, l’on dit souvent qu’il développe ses autres sens, et particulièrement l’ouïe. Combien j’ai dit, déjà et passionnément, que les musiques informelles où la mélodie ne s’ébauche qu’en fredonnement, où le rythme n’est ressenti que dans le propre corps de l’auditeur, que ces musiques bourdonnantes fournissent le plus riche terreau à la mise en germe du paysage imaginé. Ce disque de Phil Von aurait pu servir de manifeste. Du souffle à la plainte, du tressaillement de corde mélancolique au travail du bois soumis aux rudes tensions du tangage, de la conversation de nuages ocre au murmure de la lumière, l’imaginaire danseur aveugle se figure un environnement tel qu’un Caspar David Friedrich de l’Atlas aurait pu en dévoiler. Les présences, sous formes de voix furtives, sont-elles des réminiscences ou bien des guides bienveillants ? À quel chiffre caché la courbe des cordes éclairées de tintements obéit-elle ? Et les îlots synthétiques promettent-ils la vue recouvrée ou en confirment-ils la caducité ? Savoir que certaines de ces pièces ont été composées pour le théâtre ou la danse ne les y soumet pas, elles sont leur propre théâtre, leur propre et autonome cinéma crépusculaire. Une musique qui se déploie au gré des doigts la palpant afin de mieux la voir, et plaçant au-dessus de l’horizon où musique concrète et electronica mêlent leur eaux, la vague, le bourdon, et plus haut encore, toujours, l’âme.
Denis Boyer



ORDER CD

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v/a: “Assortiment de F.H.”

Fear Drop (Fr.) magazine #8, Spring 2001 :
Contrairement à beaucoup de compilation CD-R, celle-ci n’est pas un simple reflet d’une scène locale. Si plusieurs morceaux ont été composés par la “famille” de coeur du label (Le K., Somniak, Scars XS), de nombreux artistes internationaux ont été invités dans cette aventure aux multiples détours électroniques. Des plus lumineuses aux plus sombres, toutes les heures d’un soleil de synthèse ont été représentées. Les amateurs de chaleur s’attarderont d’abord sur les climats tempérés des morceaux des formations précitées (superbe titre dub claquant de Somniak sur le CD 1), pour une exposition maximale avec les oasis chromés de Ras-Al-Ghul. Aux Étages crépusculaires, les alambics de La Kuizine rappelleront les torsions de Myase ; les étincelles fugitives et lumineuses de The Infant Cycle permettront la nyctalopie. Pour des scènes en obscurité totale, on goûtera les plages présentant Delphium (nouvelle version d’un très ancient morceau) et son alter ego erratique Children Of Asmodeus, le morceau le plus abyssal de Mimetic (ici Case), ou encore l’atelier douloureux et mécanisé de Sisygambis. Longue promenade à luminosité variable, cette compilation rétablit l’attention sur les tendances les moins minimales de l’électronique sombre. On se réjouit de retrouver une vue colorée, de parcourir à nouveau le spectre digital déverrouillé.

Metamorphic Journeyman (Bel.) e-mag, June 2002 :
Compilations have the strength of diversity granted to them automatically – rare indeed do you find a collection of artists in one area without at least one or two tracks which make the album worth buying. And it often seems to be the case that artists find their true strength when surrounded on either side of a playlist by their peers. Often, as is the case with this album, the sum total album far outweighs the strength of the individual parts – and strong some of these parts are.I’m going to find it impossible to get through this review without making reference to another project which indeed is a kind of ongoing compilation. Once I decided how close to DIVINATION’s sound this was, I could not resist comparing it to “Akasha”. And hold your breath for this – this album seems to go much much further. Like DIVINATION, this collection spans the diverse tractless space between post-EBM Electronic music and strange, abstract soundscapes.The sparse separation between one ‘vocal’ track and another makes me think a little of THIS MORTAL COIL, where large areas were instrumental, and although the appearance of a human voice was always welcome, you never felt the urge to click through the intervening soundscapes.Certainly it would be nice to analyse this album through some kind of microscope, dissecting each track, squeezing the essential substance from each piece, and if I ever get time I will make it my duty to probe every corner. However, viewing the album as a whole, successful journey is so much more rewarding.Before moving on, as is the ruminant grazing nature of a reviewer, I just have to mention the cover, which obviously took a great deal of effort to create. You delve inside layer after layer to expose the CDs, individually packaged in a small paper sleeve. To Be Continued….

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Pi Cab Alter “L’Énergie du Vide”

Fear Drop (Fr.) magazine #10, Summer 2003 :
(…) Tout aussi mystique, la demo 3″ de PI CAB ALTER, sortie sur Facthedral’s Hall (Sizzle), plonge dans les boucles sombres et les parfums de voix incantatoires sans s’y noyer. Soudainement prise de lucidité, la musique y rencontre des vagues rugueuses, des ondulations métalliques presque mélodiques, des empilements de drones telluriques, pour un superbe EP qui doit finalement plus au mythe qu’à la magie, à la complexité humaine qu’à une unique lecture dark ambient. (…)

Vital Archive (Hol.), Staalplaat website, January 2004 :
In Vital Weekly 401 I introduced Pi Cab Alter, although I couldn’t tell much about who or what they are. As a follow to that CDR there is now a 3″ CDR on the same label with five tracks. Also musicwise this is an extension of the previous release. Again samples are being fed through filters and synthesizers, with an overall darker atmosphere. As a whole this mini album was a lot more consistent than the previous release, with a firm interest in the more experimental side of ambient music. A nice little item.

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Chalung-gra “Kalonga Incantations”


Red Neon website (Be.), February 2004 :
Ladies and Gentleman… Your attention ! If you like dark-ambient here is a masterpiece. Nice sounds, slow evolving music. A record with a deep soul… Not too short and not too long (a very important thing). Graphism and illustrations are very nice. Please, grab it before it’s too late. Limited edition of 50 copies. The dream is an edition on good old vinyl but i am dreaming…

Fear Drop (Fr.) magazine #11, Summer 2004 :
Pour retrouver les éclairages ambiants, il sera indispensable d’écouter le nouvel alias de M.Reina, Chalung-gra, qui reprend en les multipliant, les qualités bourdonnantes mélancoliques des précédents disques de Sizzle. En plein territoire ambiant industriel, il suit les exemples édifiants de Robert Rich et Final, il parvient À se ménager des zones de flottaison sans cadavres lustmordiens, ni aucune autre pépite difficilement assimilable. Profitant plutôt de gestes introspectifs, Reina expose la texture granuleuse et le cœur lumineux des nappes qu’il chevauche, des plaques émues par l’archet. Superposant les couches harmoniques qu’il dénude, il fait de sa concession un jardin en terrasses. Étages plus ou moins denses, à la luminosité tantôt matinale tantôt crépusculaire, les longs étirements des deux morceaux (en moyenne une vingtaine de minutes chacun) sont autant de mouvements souples et vigoureux d’une mélancolie orangée, grisée d’échos métalliques figurant peut-être un artisanat assidu, une sincère apnée dans des champs encore prodigues pour qui sait les fertiliser.

Connexion Bizarre (Por.), September 2005 :
Chalung-gra has created timeless music of meditation and solitude on “Kalonga Incantations”, a limited edition, two-track release of 50 copies. It is music for coastlines awash in fog and filtered light, for glacial granite lakes, glass-surfaced with cold, deep serenity. It is music of reverberating colors and atmospheric wanderings – the music of the Aurora Borealis – equally haunting and mysterious. “Kalonga Incantations” lends itself to imaginative displacement; typical for the dark ambient genre it follows. From mellow, syrupy tones to vaguely grinding drones, “Kalonga Incantations” ressonates abstraction in a rather predictable fashion. However, with the extensive “Cari Cali” and “Kahloubhra,” Chalung-gra succeeds in rekindling interest in these banal dark ambient tones and drones with a show of quality and masterful competence. One might imagine landscapes of billowing clouds, moving in various distinct layers through the stratosphere, as “Kalonga Incantations” moves through its metamorphoses of airy synths and quivering bass. Nothing is sudden, no sound is unexpected, no pulse misplaced, and everything flows with a calming sense of majesty. Before long, the better part of an hour has stealthily slipped by unnoticed, and perhaps a portion of worldly stress and exhaustion has gone with it. This music is meant to transport the listener to no destination in particular, except simply beyond. [7/10]